De nouvelles autoroutes, des fonds supplémentaires pour l’extension des lignes ferroviaires et un regroupement dangereux de tous les projets : la consultation sur « Transports’45 » est actuellement en cours. Une fois de plus, la vision de la mobilité d’Albert Rösti reste ancrée dans le passé plutôt que tournée vers l’avenir.
Notre engagement contre les méga-autoroutes reprend ! En juin, l’ancien lobbyiste automobile Albert Rösti a lancé la consultation publique sur son projet « Transports’45 ». Celui-ci comprend non seulement deux nouvelles extensions d’autoroutes, mais aussi onze projets ferroviaires ainsi que des projets d’agglomération.
Lier les projets ? C’est NON !
C’est la première fois que des projets ferroviaires et autoroutiers sont regroupés dans une même consultation. Albert Rösti prétend ainsi « coordonner de manière optimale la planification spatiale de ces projets ». Nous y voyons plutôt une tentative de chantage. En effet, si ces projets étaient liés, cela pourrait signifier que des projets ferroviaires (nécessaires pour l’avenir) ne seraient réalisés qu’à condition d’accepter également la construction de méga-autoroutes fossiles. Albert Rösti promet que ce regroupement ne vaut que pour la durée de la consultation et que les projets seront ensuite soumis séparément au référendum facultatif. Mais les reculs en matière de politique climatique de ces dernières années ont aiguisé notre méfiance. C’est pourquoi, lors de cette consultation, nous disons clairement notre refus aussi bien du regroupement des projets qu’aux deux autoroutes.
Bétonnage argovien
Le premier projet autoroutier prévu à brève échéance est une extension de l’A1 entre Aarau- Est et Birrfeld en Argovie. Sur douze kilomètres, on bétonnerait des terres agricoles pour élargir l’A1 de quatre à six voies. Les arguments invoqués ici sont toujours aussi indéfendables que ceux des projets rejetés en novembre 2024. Ce chantier absurde devrait coûter près de 600 mil- lions de francs – sans compter la TVA et la marge d’erreur de plus ou moins 30 %. Nous verrons quelle forme prendra la résistance locale dans le canton d’Argovie, plutôt favorable à la voiture. De notre côté, nous ferons tout notre possible pour empêcher ce projet destructeur.
7 voies autoroutières autour de Genève
Le deuxième projet est l’élargissement du tronçon Perly – Bernex de l’autoroute de contournement à Genève – une extension prévue pour aller dans un deuxième temps jusqu’à Vernier puis au Vengeron. Ce projet très destructeur s’étend sur 4,3 km et entraînerait la destruction de forêts, de terres agricoles et de réserves naturelles : plusieurs dizaines d’hectares de milieux naturels protégés de valeur écologique élevée sont menacés.
Il s’agit de créer trois voies supplémentaires, portant l’ouvrage à un total de sept voies avec notamment deux nouveaux tunnels, une tranchée couverte et la modification d’un pont. Même si officiellement, l’OFROU parle d’un projet à « six voies », ses propres documents de 2024 montrent qu’il est prévu que les trois nouvelles voies serviront au trafic vers Lausanne tandis que les quatre voies actuelles mèneront vers la France. Au total, il y aura donc bien sept voies !
S’il existe des prétextes techniques liés aux tunnels qui « obligent » à réaliser sept voies au lieu de six, cette manière de camoufler la réalité est inacceptable. Pour ne rien arranger, l’OFROU a refusé nos demandes de transmettre davantage d’informations. La consultation est pourtant lancée et court jusqu’à début octobre… et nous devrions nous positionner sans plans ni études d’impact ? C’est incompréhensible.
Un cadeau empoisonné
L’opposition s’organise : en juin, dix associations environnementales et de riverain·es montaient au front pour montrer la détermination à combattre ce chantier d’un autre temps. Nature, trafic induit, climat, nuisances des chantiers, gaspillage de milliards... les arguments ne manquent pas. Pour mémoire, en 2024, le Canton de Genève avait dit NON aux méga-autoroutes à 57 % et Confignon, commune fortement impactée ici, avait refusé à plus de 60 % ! Nous ne laisserons pas ce méga-projet être imposé contre la volonté populaire et étudions toutes les manières de nous y opposer.
Dans l’ensemble, « Transports’45 » n’est qu’un énième projet d’extension autoroutière – enrobé dans un joli emballage. Il laisse de nombreuses questions sans réponse : comment les transports atteindront-ils la neutralité carbone d’ici 2050 au plus tard ? Pourquoi la redondance ferroviaire Genève – Lausanne, attendue depuis des années, devra attendre plusieurs décennies ?
Terminons sur un – modeste – aspect positif : en proposant de financer le fonds d’infrastructure ferroviaire de manière illimitée à hauteur de 0,2 point de pourcentage de la TVA, le Conseil fédéral entend assurer une base un peu plus stable aux maigres ressources destinées au développement du réseau ferroviaire. À suivre !
