Communiqué de presse · Genève · 13.02.2026
Une fois de plus, la majorité du Grand-Conseil genevois impose son idéologie rétrograde en matière de mobilité aux habitant·es du canton. En votant le PL-13204-C qui modifie la LMCE pour imposer une vitesse minimale de 50km/h sur les axes dits «structurants», la majorité de droite lance une nouvelle attaque frontale contre la sécurité et la tranquillité des riverain·es. Les quartiers doivent être aménagés pour celles et ceux qui y habitent, pas pour le trafic qui y transite. L’ATE, actif-trafiC, PRO VELO et Mobilité Piétonne annoncent le lancement d’un référendum contre ce texte passéiste et dangereux.
Enjeu majeur de santé publique
La limitation de la vitesse dans les espaces densément peuplés répond à un impératif de santé publique. Genève est la ville la plus bruyante de Suisse. Dans le Canton, 120'000 personnes sont exposées à un bruit excessif et y perdent des années de vie en bonne santé. De plus, de trop nombreuses personnes perdent directement la vie chaque année dans des collisions qui pourraient souvent être évitées avec une baisse de la vitesse. Le 30km/h permet d'apaiser le trafic, de réduire la mortalité routière et de limiter les nuisances dans les espaces fortement construits.
Les «axes structurants» en question ne sont pas des autoroutes en pleine campagne: il s'agit de routes traversant des quartiers où vivent des dizaines de milliers de personnes qui subissent des nuisances particulièrement élevées. De plus, on le sait: les classes populaires sont exposées de manière disproportionnée au bruit, contribuant à l'écart croissant d'espérance de vie entre les catégories socio-professionnelles.
Affaiblir encore l'application des normes fédérales sur le bruit
L'imposition généralisée du 50km/h sur ces axes est une décision purement dogmatique qui contraindra inutilement les communes et le travail de l'administration cantonale. Elle empêchera de prendre en compte les spécificités des quartiers traversés et d'appliquer des mesures ciblées. Axe accidentogène? Bruit excessif? Peu importe.
Même si le projet de loi mentionne les «dispositions obligatoires du droit fédéral», cela ne garantit rien: les normes fédérales de protection contre le bruit peinent déjà à être appliquées et cette loi sera une nouvelle entrave à leur mise en œuvre sur le terrain. La population sera réduite à attaquer en justice l'administration pour demander des in-demnisations, avec un coût inutilement élevé pour la collectivité.
Un bilan positif partout où le 30km/h a été appliqué
Cette attaque contre le 30km/h est présentée comme une mesure pour améliorer la fluidité du trafic, mais elle est en réalité parfaitement inutile. En milieu urbain dense, l’abaissement des vitesses permet de réduire la distance entre les véhicules et ainsi optimiser l’utilisation du réseau routier. Dans les villes qui ont déjà fait le pas, les temps de parcours n’ont pas ou très peu augmenté. Ne pas tenir compte de ces expériences révèle le manque de travail de recherche de la part des député·es signataires du projet de loi.
En effet, ces dernières années, de nombreuses villes dans le monde ont généralisé le 30km/h, y compris sur des axes «structurants». Le bilan à Bruxelles, Bologne ou dans de nombreuses villes en Espagne est clair et les effets pour la collectivité très largement positifs : réduction du bruit, baisse conséquente des morts sur la route, amélioration de la qualité de vie… et même une meilleure fluidité automobile et des temps de parcours en voiture le plus souvent inchangés. Une fois la mesure mise en œuvre, plus personne ne souhaite revenir en arrière.
Référendum en préparation
Le Grand Conseil veut imposer une vision de la mobilité héritée du siècle passé et l’ancrer dans la loi pour entraver tout changement futur. Mais faire des pointes à 50km/h entre deux feux rouges n’est pas un droit humain fondamental. Nous continuerons à nous battre pour une mobilité d’avenir, au service de la population et respectueuse de celle-ci.
Nos associations prévoient donc de lancer un référendum contre cette loi afin que le peuple, premier impacté par ces mesures, puisse trancher.
