Ce lundi 14 septembre, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a publié un rapport accablant sur le projet phare d’Albert Rösti, «Transports’45 ». Des chiffres obsolètes, des alternatives non examinées et des bases insuffisantes: voilà les critiques qu’actif-trafiC soulève depuis des années et qui se trouvent ici confirmées. C’est pourquoi nous continuerons à nous opposer à tout projet d’extension d’autoroute.
«Transports’45» est le projet phare d’Albert Rösti. Il est destiné à marquer de manière décisive la politique suisse des transports pendant des décennies et comprend des dizaines de projets se chiffrant en milliards. Cependant, la hiérarchisation des projets, établie dans le cadre de «Transports’45», repose uniquement sur une seule expertise de l’EPFZ. Celle-ci a elle-même été élaborée à partir d’expertises et de rapports de la Confédération, dont certains sont plus que dépassés. Selon le CDF, cela ne suffit pas pour prendre des décisions aussi déterminantes.
Analyses coûts-bénéfices insuffisantes
Comme pour tout grand projet, la Confédération a également établi des analyses coûts-bénéfices pour les différents projets autoroutiers compris dans «Transports’45». Cependant, selon le CDF, les chiffres sur lesquels reposent ces analyses sont totalement obsolètes. Ainsi, celles qui chiffrent les coûts en fonction des temps de trajet datent des années 2003 à 2006. Et pour le calcul des coûts liés aux effets du changement climatique, l’OFROU ne se base pas sur les chiffres actuels de 450 francs par tonne de CO₂ prévus pour 2025, mais utilise ceux de 2022, qui, à 130 francs par tonne, sont nettement inférieurs. Ce n’est pas sérieux! Le CDF a donc effectué des calculs hypothétiques à partir des données actuelles et aboutit ainsi à des analyses coûts-bénéfices majoritairement insuffisantes, voire très insuffisantes, qui remettent en cause l’ensemble des projets en tant que tels.
Alternatives non prises en compte
Enfin, le CDF critique le fait que les alternatives possibles aux projets d’extension actuellement en cours de planification n’aient même pas été examinées sérieusement. Une réduction de la vitesse sur les autoroutes pourrait par exemple constituer une option économique et respectueuse de l’environnement.
Depuis des années déjà, actif-trafiC met en avant dans le débat public les critiques soulevées par le CDF. Le rapport désormais publié nous conforte dans notre engagement contre toute extension d’autoroute et nous continuerons, si nécessaire, à combattre à l’avenir ces projets inutiles, coûteux et destructeurs en utilisant les outils de la démocratie directe.
