Malgré le NON clair à l'extension du réseau autoroutier de la population en novembre 2024, le Conseiller fédéral Albert Rösti persiste à vouloir gaspiller des milliards dans des projets autoroutiers nuisibles à la population et au climat. actif-trafiC a rendu sa réponse à la consultation lancée par la Confédération et s’oppose fermement à ces projets en dénonçant le procédé dangereux de lier les projets ferroviaires aux projets autoroutiers.
En novembre 2024, le peuple suisse rejetait les projets d’extension du réseau autoroutier. Le Conseiller fédéral Albert Rösti ne semble pourtant pas vouloir entendre ce signal clair: dans le processus «Transports’45», mis sur pied par le ministre des Transports, il prévoit d’élargir dans les années à venir, deux autres tronçons d’autoroute: l’un entre Perly et Bernex (Genève) pour le faire passer à 7 voies, l’autre entre Aarau Est et Birrfeld (Argovie). De plus, quatre projets rejetés par le peuple sont maintenus dans les projets planifiés pour les prochaines décennies. actif-trafiC s’oppose à tous ces projets d’extension et juge l’attitude du Conseiller fédéral Albert Rösti extrêmement problématique d’un point de vue démocratique.
NON à toujours plus d’émissions de gaz à effet de serre et de trafic routier
Les sondages réalisés après le scrutin de novembre 2024 ont mis en évidence deux raisons principales expliquant le «non» à l’extension des autoroutes. D’une part, la population s’est opposée à l’augmentation du trafic routier, également appelée «trafic induit», qui aurait résulté de l’augmentation des capacités autoroutières. En ce qui concerne «l’étape d’aménagement 2027», le Conseil fédéral lui-même prévoit que cela engendrera une hausse du trafic motorisé, alors même que le refus exprimé en 2024 par la population exprime un refus indirect d’une augmentation du trafic.
D’autre part, l’argument climatique a été déterminant dans le vote. Cela est cohérent avec l’acceptation en 2023 de la loi sur la protection du climat, qui prévoyait une trajectoire de réduction juridiquement contraignante pour le secteur des transports.
D’ici 2040, ses émissions devront être réduites de 57%, et de 100% d’ici 2050. Franziska Ryser, coprésidente d’actif-trafiC, commente: «Nous n’atteindrons pas nos objectifs climatiques en continuant à élargir les autoroutes, car non seulement l’augmentation du trafic génère des émissions supplémentaires, mais les émissions grises liées à la construction causent également des dommages climatiques considérables.»
Investir dans la mobilité d’avenir
actif-trafiC demande donc que les milliards prévus pour l'extension du réseau autoroutier soient intégralement affectés à la mobilité durable. Ainsi, pour nous, 40 à 50% du Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) devrait désormais être consacré aux projets d’agglomération (contre 10% actuellement). D’autre part, les contributions fédérales aux projets individuels devraient désormais pouvoir s'élever jusqu’à 70-90% (contre 30% à 50% actuellement). De plus, l’efficacité de l’utilisation de l’espace et le report modal devraient constituer des critères centraux dans l’évaluation des projets d’agglomération. Par ailleurs, actif-trafiC salue la prolongation du pour mille de TVA destiné à l’extension de l’infrastructure ferroviaire et appelle la Confédération à trouver d’autres sources de financement en faveur du rail.
NON à un paquet ficelé route/rail antidémocratique
actif-trafiC s'oppose catégoriquement à ce que les projets ferroviaires et routiers nationaux soient regroupés en un seul projet. Dans le cas d’un référendum, le peuple ne pourrait pas s’exprimer clairement en défaveur des autoroutes, puisque les projets ferroviaires et autoroutiers seraient conditionnés l’un à l’autre, alors même que leurs objectifs sont contradictoires. De plus, cela risquerait d’entraîner un blocage préjudiciable de projets ferroviaires incontestés, ce qui compliquerait encore davantage la réalisation de nos objectifs climatiques.
