Le Conseiller fédéral Albert Rösti a lancé aujourd’hui le processus de consultation sur les projets autoroutiers pour les futures étapes d’aménagement. Comme le rapport «Transports’45» le laissait présager, plusieurs projets refusés en votation populaire en novembre 2024 sont à nouveau remis sur la table. Pour actif-trafiC, cette démarche antidémocratique est parfaitement inacceptable.
Le 24 novembre 2024, la population a rejeté à 52,7% le projet du Conseil fédéral visant à élargir des tronçons autoroutiers à Bâle, Berne, Schaffhouse, Saint-Gall et près de Genève. Le message politique envoyé par la population à cette occasion était simple: en pleine crise climatique, le réseau autoroutier suisse ne doit plus être élargi et l’argent prévu pour ces projets doit être investi dans les mobilités collectives et actives.
Mépris de la volonté populaire
Suite au vote populaire, la réaction politique adéquate aurait donc dû être l’instauration d’un moratoire sur tous les projets d’extension d’autoroutes. Or, non seulement il n’y a pas d’arrêt en vue pour les projets routiers mais pire, Albert Rösti remet sur la table trois projets qui ont été expressément rejetés par la population: le tunnel sous le Rhin à Bâle, le tunnel de Fäsenstaub à Schaffhouse et le tunnel du Rosenberg à Saint-Gall. Les projets d’élargissement de l’autoroute de contournement à Genève (Perly-Bernex pour le message 2027 et la suite pour l’horizon 2025) ainsi que l’élargissement entre Aarau-Est et l’échangeur de Birrfeld (2027), vont également à l'encontre de la volonté populaire qui s'oppose à l'extension des autoroutes.
Ces projets compromettent les objectifs climatiques et détruisent de précieuses terres agricoles. Dans le cas de l’autoroute de contournement de Genève, il s’agit d’un secteur où la population s'est précisément exprimée avec un refus clair, notamment en ayant ces projets en perspective: rappelons la mobilisation locale des habitant·es ayant abouti notamment à 60,1% de NON à Confignon et 55,7% de NON à Bernex en novembre 2024.
Si actif-trafiC se réjouit de l'abandon de plusieurs projets autoroutiers vaudois (contournement de Morges, échangeurs dans l'ouest lausannois, etc.) mais aussi de l'élargissement du tronçon Vengeron – Nyon, actif-trafiC dénonce l'extension de capacité prévue par l’utilisation des bandes d'arrêt d'urgence, au détriment de la sécurité.
Du côté du rail, la redondance Genève-Lausanne devrait être une priorité. Mais, à l'exception du tronçon Morges-Perroy (malheureusement relégué à 2031), la planification ne semble pas avancer aussi rapidement que les besoins l’exigent.
Pour actif-trafiC, il s’agit d’un affront anti-démocratique: «En relançant des projets clairement refusés dans les urnes, à peine plus d’un an seulement après un NON clair de la population, Albert Rösti démontre qu’il n’agit pas comme le membre d’un exécutif qui appliquerait les décisions du souverain, mais comme un lobbyiste du pétrole et de l’automobile qu’il n’a jamais vraiment cessé d’être. Ce mépris envers le vote populaire est inacceptable!» s’indigne Thibault Schneeberger, coordinateur romand d’actif-trafiC.
La volonté populaire est pourtant claire: début décembre 2025, actif-trafiC avait déposé 27'500 signatures pour une pétition intitulée «Respect du vote populaire: pour la mobilité d’avenir, pas de méga-autoroutes!» demandant une réorientation de la politique suisse des transports. Et le sondage Demoscope dévoilé hier mardi 13 janvier par l’ATE le confirme encore: une nette majorité de la population est opposée à ces projets autoroutiers. Le Conseil fédéral doit maintenant entendre le message.
Contraire à nos objectifs climatiques
La relance de ces méga-projets autoroutiers est aussi totalement contraire à nos objectifs climatiques inscrits dans la loi et approuvés par la population. Les émissions du secteur des transports devraient être réduites de 70% d’ici 2040, et de 100% d'ici 2050. Pour y parvenir, nous devons opérer une transition dans la mobilité et le trafic automobile doit être transféré vers la marche, le vélo et les transports publics. L’argent du Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA) doit donc être investi de manière ciblée dans des projets pour les agglomérations qui encouragent le passage à des moyens de transport respectueux du climat.
«Après le plan d’austérité qui prévoit des coupes majeures dans les transports publics et la nouvelle ordonnance qui vise à freiner la mise en œuvre du 30 km/h, le Conseil fédéral vient de montrer avec cette relance des méga-autoroutes qu’il agit délibérément à l’envers de la nécessaire transition dans la mobilité. Un changement de cap politique à 180° est indispensable!» conclut Thibault Schneeberger.
Contact:
Thibault Schneeberger, coordinateur romand d'actif-trafiC, 079 781 4236
