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Les villes zones hors-voitures! PDF Imprimer E-mail

Les voitures sont incompatibles avec les villes. Voilà le résultat le plus marquant de notre concours qui avec près de 1'400 réponses a fait un tabac. Les embouteillages, eux, ne sont pas perçus comme un problème. Nombreux étaient par contre celles et ceux qui souhaitent des transports publics (TP) plus performants, les déplacements à vélo et à pied favorisés et davantage d’espaces libérés des voitures.

 


Hanspeter Kunz

La coordination d’actif-trafiC songeait depuis un certain temps déjà à l’amélioration des transports en ville. En effet, les problèmes de transport y sont certes aigus, mais la substitution de la voiture par la marche, le vélo et les TP y est relativement aisée. Les distances courtes se prêtent à la mobilité douce, les TP aux trajets plus longs et à un nombre de passagers plus important.
Les excellentes idées concoctées en petit comité ne résistent pas toujours à l’épreuve du réel et/ou ne correspondent pas aux attentes des personnes directement concernées. Nous nous sommes donc adressé-e-s à vous pour connaître votre avis sur les problèmes et solutions des transports urbains. Pour cela, nous avons conçu un sondage « déguisé » en concours. Avec près de 1'400 réponses, le résultat a dépassé nos espérances. Ironie du sort, vos nombreuses réponses ont provoqué un embouteillage au secrétariat.

Quels sont les problèmes dans l’espace urbain?

En premier lieu, nous voulions savoir quels sont les problèmes essentiels de l’espace urbain (voir premier graphique). Le « vainqueur » s’avère être la pollution atmosphérique, talonnée de près par le bruit. Les conséquences négatives du trafic sur la santé et l’environnement dérangent donc le plus. A noter que les différentes régions du pays partagent cet avis (voir les barres grises horizontales). La dégradation du paysage urbain et le manque d’espaces libres conviviaux se retrouvent au troisième et quatrième rang. Les Romands semblent cependant moins concernés par ce problème. Pour nous, le plus surprenant était le peu d’importance accordé aux bouchons. Nos lectrices et lecteurs et les personnes à qui nous avons distribué le concours se recruteraient-ils essentiellement parmi les non-automobilistes ?

 

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Quelles mesures faudrait-il prendre?
Notre deuxième question s’intitulait  « Par quelles mesures l’espace urbain peut-il être préservé des conséquences négatives du trafic? » (voir second graphique).
Dans toute la Suisse, on entend promouvoir la mobilité douce et les TP. La promotion d’un mode de vie sans voitures et l’interdiction de routes à haut débit ont également recueilli de nombreux suffrages – avec l’exception notable de la Suisse romande assez réticente face à cette dernière proposition. Ou est-ce dû au fait d’avoir distribué plus largement le prospectus en Romandie (par le biais du journal « Domaine Public ») hors de notre lectorat? La même tendance se laisse observer pour les mesures « punitives » comme la restriction des aires de stationnement ou le péage routier. Seul l’auto-partage (comme par ex. Mobility) obtient un encore plus mauvais score.

 

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Autres problèmes soulevés ou mesures proposées?
Le concours permettait de citer d’autres préoccupations. La demande de mettre davantage de parkings de vélos à disposition est revenue très souvent. Ce n’est pas la CI Vélo qui nous contredira.  Un autre problème souvent évoqué est celui de l’incivilité (non seulement des automobilistes) qui contribue à créer un sentiment d’insécurité chez les piétons et cyclistes. Les bus doivent pouvoir rouler en site propre afin de ne pas rester pris dans les bouchons de voitures. A également été abordé le problème des espaces vitaux coupés en deux par les grands axes de trafic. Dans ce cas, la mobilité des uns entrave celle des autres.
Du côté des mesures, notre lectorat nous a soumis de nombreuses propositions, entre autres celle de récompenser un comportement responsable et durable (par ex. rabais sur les abonnements des TP pour les usagers réguliers), mais de ne plus autoriser en contrepartie de parkings gratuits et d’augmenter drastiquement les amendes pour les personnes ne se garant pas correctement ou même de leur retirer le permis de conduire. De nombreux lecteurs ont suggéré l’interdiction de rouler à l’essence ou au diesel. Les énergies renouvelables permettraient certes de résoudre le problème de la pollution atmosphérique, mais non celui du bruit, du manque d’espaces et des bouchons.

Des visions!
Vous êtes nombreux à vouloir des places, rues, quartiers et villes sans voitures. Nous avons été confortés de constater que êtes majoritairement de l’avis que les villes devraient être des zones hors-voitures. Le rejet de la « bagnole » explique probablement le mauvais score de l’auto-partage ou le fait que les bouchons ne sont pas vus comme un véritable problème. Car sans voitures, pas d’embouteillage.
Une autre idée a été souvent citée: enterrer le transport individuel motorisé. Une méthode décidément bien onéreuse pour gâcher le plaisir des automobilistes (car qui apprécie ne conduire qu’en sous-sol ?). Enterrer une artère existante surchargée, soit, mais de grâce pas de nouveaux tunnels en ville ! Les journées sans voitures et l’obligation de déposer sa voiture dans un parking périphérique avant de se rendre au centre-ville ont également la cote. Ou une mesure modeste en apparence, mais si utile pour les cyclistes : les douches sur le lieu de travail. Une autre idée pragmatique, particulièrement bien notée de ce côté de la Sarine, nous a été soumise une dizaine de fois : préserver les petits magasins de proximité, car sans eux, la convivialité dans les quartiers meurt.

 

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