|
Berne, 23.3.2005. Par sa décision d’aujourd’hui en faveur du centime climatique sur les carburants, le Conseil fédéral montre ouvertement que le lobby pétrolier tire les ficelles en matière de politique climatique. L’Alliance pour une politique climatique responsable, qui regroupe 1,8 millions de membres, dénonce la démission du Conseil fédéral. Au lieu de prendre à la racine le problème du gaspillage des énergies fossiles, la Suisse tourne le dos à une politique climatique crédible.
Depuis quelques années, une sorte d’unanimité s’était formée autour de l’idée que l’échec des mesures librement consenties impliquait l’introduction d’une taxe CO2 qui garantisse la réalisation des objectifs climatiques. Voilà deux ans et demie, alors que les limites des mesures volontaires apparaissaient de manière toujours plus évidente, l’Union pétrolière a sorti de son chapeau le centime climatique. Ce dernier ajourne les mesures efficaces et crédibles permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre en Suisse. A la place, une taxe minimum (1 ct/litre) sur les carburants doit créer le financement de base permettant l’achat de certificats d’émission à l’étranger. Cette opération permet de respecter les impératifs de réduction de manière purement comptable. La capitulation du Conseil fédéral devant le lobby pétrolier a de nombreuses conséquences négatives : * Le problème central du recours trop élevé aux énergies fossiles n’est pas pris à la racine. Le gaspillage de ces énergies va pouvoir continuer. * Le recours massif aux certificats étrangers en tant que principal instrument du centime climatique n’entraîne pas une protection du climat: Les projets déjà certifiés et le marché qui se dessine le montrent clairement: les grands projets comportant des effets négatifs sur le climat dominent le marché. En raison de normes de qualité trop floues, même les mines de charbon peuvent se réjouir de vendre des certificats. * Pour la première fois, le Conseil fédéral ne suit pas une recommandation de la commission de la concurrence (COCO): au lieu de soucier du respect des bases légales, il crée un préjudice inacceptable.
* Avec le rejet d’une taxe CO2 incitative, la dynamique nécessaire à la protection du climat, mais aussi à l’économie, est jetée par dessus bord : un bénéfice annuel des millions de francs au plan socio-économique est perdu, ainsi que la création de plusieurs milliers de places de travail, sans compter que chaque année 1'800 personnes en Suisse décèdent en raison de la pollution de l’air. Avec sa décision d’aujourd’hui Conseil fédéral, autrefois porteur d’espoir en matière de protection du climat, a perdu considérablement en crédibilité.
|