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Les hausses des tarifs prévues par les CFF feraient augmenter les prix des billets de près de 10% en l’espace de trois ans. Ce alors que les prix du trafic individuel motorisé n’ont quasiment pas bougé durant les dernières années. Une distorsion de la concurrence entre les deux modes de transport risque de s’ensuivre.
En date du 14 janvier, les CFF ont annoncé vouloir augmenter les tarifs lors du prochain changement d’horaire en décembre 2010. Le prix des billets devrait augmenter de 6,4 % en moyenne. Les clients les plus fidèles sont les plus pénalisés : l’abonnement demi-tarif et l’AG devraient renchérir jusqu’à 20 pourcent.
Si cette augmentation devait se produire, les prix des CFF augmenteraient de près de 10% de fin 2007 à fin 2010. Tout autre son de cloche chez le trafic individuel motorisé (TIM) : le prix de l’essence a diminué de 11 pourcent durant la même période et n’a renchéri que de 12 % au total depuis 2000. Dans la majorité des cantons, les taxes sur les véhicules à moteur n’ont pas connu de hausse depuis des décennies. L’introduction d’une taxe CO2 sur l’essence et le diesel est repoussée d’année en année, alors que le trafic motorisé est aujourd’hui responsable de 44 pourcent des émissions de CO2 – avec une tendance à la hausse. Sans mesures complémentaires, la Suisse ne pourra pas tenir les engagements du Protocole de Kyoto dans le domaine des transports.
Les experts s’accordent sur le fait que la mobilité est trop bon marché. Mais une augmentation unilatérale, ne pénalisant que les usagers des trains, est à rejeter. Les CFF engrangent régulièrement des millions de bénéfices grâce au transport de passagers. Les passagers n’ont dès lors pas à subventionner les déficits des autres domaines tels que p. ex. le transport de marchandises. L’argument des CFF que l’augmentation de l’offre justifie la hausse des prix des billets manque de pertinence, car une meilleure offre est aussi synonyme d’une augmentation de la clientèle et de recettes supplémentaires. Et la construction de nouveaux tronçons autoroutiers n’entraîne pas non plus l’augmentation des taxes sur les véhicules motorisés. Les transports publics (TP) étant publics par définition, il appartient à la Confédération et aux cantons de payer ces infrastructures. Les hausses de tarifs ne sauraient pas non plus être justifiées par une augmentation du personnel, puisque les effectifs ont diminué de 4,5 pourcent entre 2003 et 2007 (et même de près de 40 % de 1991 à aujourd’hui !).
Si, comme il faut le craindre, les prix des billets de train augmentent unilatéralement, une distorsion massive de la concurrence s’ensuivrait. Même si les TP restent toujours meilleur marché (en tenant compte de tous les frais), une telle augmentation est à éviter pour ne pas décourager les nombreuses personnes prêtes à abandonner leur voiture individuelle au profit des TP suite aux embouteillages dans les agglomérations et leur inquiétude face au changement climatique. Une telle hausse des prix des TP va à l’encontre de cette tendance pourtant nécessaire. L’association de protection de l’environnement actif-trafiC demande au Conseil fédéral et au parlement de s’engager pour une mobilité durable et contre une distorsion de la concurrence entre les deux modes de transport – en récusant la hausse des CFF et en augmentant les coûts du TIM. Ceci dans l’intérêt bien compris de tous : les automobilistes éviteraient ainsi un report du trafic sur les routes et par suite de routes encore plus congestionnées dans les villes et agglomérations.
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